Alors que l’Europe sort tout juste de la crise sanitaire, le Premier ministre Xavier Bettel est revenu sur certains moments clés de cet épisode unique dans l’histoire récente pour l’émission «Ici l’Europe», diffusée sur France 24. Le Premier ministre luxembourgeois a notamment regretté la fermeture des frontières qu’il a qualifiée «d’erreur».
«Le virus, ce n’est pas une frontière qui l’arrête, ce n’est pas un douanier ou une barrière qui va arrêter le virus. Au début, lorsque certains pays ont remarqué que le camion transportant le matériel dont ils avaient besoin était bloqué aux frontières voisines, ils ont hurlé», illustre-t-il.
Rappelant la particularité du Luxembourg et le «risque d’écroulement du système au sein duquel 60% des salariés sont originaires de la Grande Région», Xavier Bettel a regretté le manque de coordination au niveau européen. «Chacun a voulu se montrer “fort” devant ses électeurs. Nous, nous n’avons rien fermé et on s’en sort pas mal», se félicite-t-il, avant de dévoiler quelques précisions sur la gestion de la crise au Luxembourg.
«Nous avons commencé à nous organiser en janvier. J’ai demandé au Haut-Commissariat à la protection nationale de faire l’analyse sur la situation à Wuhan, et sur ce qu’on devrait faire au Luxembourg. Nous avons commandé des masques très tôt. C’était un challenge, mais nous nous sommes dit “nous les masques on y croit”». Pour rappel, le Luxembourg a distribué 50 masques aux résidents et frontaliers.
Également interrogé sur le plan de relance européen qui vise notamment à aider les pays les plus touchés (Espagne, Italie, France), le Premier ministre luxembourgeois a rappelé que l’Europe était «un projet de paix et de solidarité». «Il faut mettre la main à la poche pour aider les uns et les autres. Ça peut être “moi qui aide” aujourd’hui, et “moi qui ait besoin d’aide” demain».
Concernant les leçons de cette crise, le chef du gouvernement luxembourgeois a salué «l’élan de générosité» au Luxembourg tout en esquissant des évolutions sur la manière de consommer et de produire: «Des habitudes ont changé, comme le fait de découvrir ce qu’on a au niveau local (…) Nous avons besoin de produire du pharmaceutique en Europe, on ne peut pas être toujours tributaire d’autres continents».
(Thomas Holzer/L’essentiel)







